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D'abord accepter ses faiblesses. « Au début, on se dit : “Nous qui allons au feu, on ne va quand même pas avoir peur de ces petits cons”, raconte un pompier traumatisé. Mais en fait, si. » Reste à l'exprimer. « Longtemps, l'omerta a fonctionné. La peur d'apparaître faible, ou d'être muté », explique un autre sapeur expérimenté, qui veut casser l'image du « sapeur sans peur ».
Dans l'Essonne, deux psychologues répondent depuis peu aux besoins des pompiers traumatisés. « Ils ont un taux d'état de stress post-traumatique qui se situe très nettement au-dessus de la population générale », explique l'une d'elles. Comme un symbole, beaucoup gardent même sur leur table de nuit le pavé qui les a blessés. Non traités, ces traumas accentuent les risques de dérapages. Pendant la formation, une juriste vient expliquer : « Mettre une baffe, ce n'est pas dans vos missions. » Un sapeur rétorque : « Oui, mais ce n'est pas non plus dans nos missions d'en prendre.» Les formateurs insistent : « Des pompiers ont déjà été mis en examen alors qu'ils croyaient être en état de légitime défense. » La juriste reprend : « Faut-il toujours intervenir ? » Hésitations. Les pompiers parlent des exceptions. « Oui, mais le principe, c'est d'intervenir. Sinon, vous risquez la non-assistance à personne en danger. » Les pompiers baissent la tête. Perplexes. -article paru dans 20 Minutes -