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Il n'a pas fallu longtemps aux partenaires sociaux pour découvrir les limites de la loi sur le dialogue social votée en janvier dernier, à l'initiative de Dominique de Villepin, pour faire oublier la gestion calamiteuse du CPE. Mardi, après le discours de Nicolas Sarkozy, le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a invoqué ce texte pour réclamer un « agenda social ». Mais il n'y existe aucune obligation pour l'exécutif de négocier un tel agenda. Mieux, le gouvernement a rempli son devoir en juin, puisqu'il a présenté à la commission nationale de la négociation collective son calendrier de politique sociale.
A l'évidence, les confédérations, et en particulier leurs responsables emploi et protection sociale, vont vivre une fin d'année surchargée. Entre les conférences sur les conditions de travail, l'égalité professionnelle hommes-femmes et le pouvoir d'achat, le Grenelle de l'environnement et les négociations paritaires, la CFDT avait recensé fin août 60 réunions dans les quatre mois. C'était sans compter avec les nouveaux chantiers ajoutés cette semaine par le président de la République. « C'est comme s'il voulait nous pousser à la faute », maugrée un syndicaliste. Les partenaires sociaux ayant décidé de se voir tous les vendredis pour leur négociation sur le marché du travail, il ne reste plus que quatre jours disponibles par semaine, note Force ouvrière. « Les questions vont se poser essentiellement en matière de disponibilité des responsables militants », explique René Valladon, secrétaire confédéral de FO.
Les plus en difficulté sont évidemment les petites structures, syndicales comme patronales. Pour faire face, certains, comme la CFTC, ont anticipé. La centrale de Jacques Voisin a embauché 8 personnes sur les pôles emploi et protection sociale. Il n'empêche. Hier, lors de sa rencontre avec Xavier Bertrand, le leader chrétien a insisté auprès du ministre du Travail sur la nécessité de « réviser cette question du calendrier ». Pour sa part, le Medef prétend aborder le marathon social sereinement et n'avoir pris aucune disposition spécifique. En coulisses pourtant, certains négociateurs se demandent comment ils vont faire pour tout suivre. « Le risque est de ne pas pouvoir être partout », s'inquiète l'un deux. Si les chefs de file traditionnels, Denis Gautier-Sauvagnac et Jean-René Buisson, sont au front sur les sujets emploi et conditions de travail, Laurence Parisot a nommé, lundi dernier, Laurence Danon pour la conférence sur l'égalité professionnelle.
A la CGPME, on avoue être devant « une difficulté évidente ». « Chez nous, les négociateurs sont des chefs d'entreprise, souligne l'organisation présidée par Jean-François Roubaud, il ne leur est pas aisé de dégager du temps. » Aussi trois responsables viennent-ils de « monter au feu » pour épauler Jean-François Veysset, le représentant habituel de la CGPME. Quant à l'UPA, elle trouve le rythme imposé par Nicolas Sarkozy « un peu dur ». « On répartit les tâches et on sollicite davantage nos élus », explique l'organisation des artisans.