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C'EST une somme: 8,2 milliards d'euros. C'est ce que la SNCF devrait - en théorie - provisionner en 2007 pour se conformer aux nouvelles normes comptables internationales IFRS, si le financement des retraites des cheminots reste en l'état. Ces huit milliards correspondent à des avantages supplémentaires accordés par la SNCF à ses retraités en 1990. Elle a, entre autres, intégré des primes dans le calcul des pensions. Tout cela est inscrit dans le hors-bilan de la SNCF. Ce n'est qu'une partie des engagements au titre des retraites des cheminots. Ils représentent entre 105 et 108 milliards d'euros qui devront être versés sur cinquante à soixante ans. Soit, grosso modo, 2 milliards d'euros par an. Le passage aux nouvelles normes comptables pose un problème à la SNCF car ses fonds propres atteignaient 4,8 milliards à la fin 2005.
Ce sujet brûlant est en cours de négociation entre la direction financière de la SNCF et Bercy. La date-butoir est la fin du premier semestre 2007, date de clôture des comptes semestriels qui devront être conformes aux nouvelles normes comptables.Reste qu'une réforme des régimes spéciaux - au premier rang, celui des cheminots - est dans tous les esprits. Hier encore, Patrick Ollier, président UMP de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, a plaidé pour une réforme mais « dans le temps et la concertation », après la présidentielle de 2007. En 2005, les cheminots retraités ont reçu 4,7 milliards d'euros, dont 1,8 milliard versés par la SNCF et 2,6 milliards par l'État pour compenser le déséquilibre démographique.
L'entreprise SNCF compte 310 000 retraités pour 170 000 actifs.
La réforme du financement des retraites des industries électriques et gazières (IEG) s'est achevée à la fin 2004 par un adossement au régime général. Cela s'est traduit pour les entreprises concernées par le versement d'une soulte aux régimes de retraite, à hauteur de 7,7 milliards d'euros.