Bernard Van Craeynest, vous présidez la CFE-CGC. Comment envisagez-vous le rôle de votre syndicat dans la crise actuelle ?
Les salariés attendent beaucoup des organisations syndicales lorsqu’elles peuvent agir dans l’entreprise. Notre premier réflexe est de les accompagner dès que besoin, de prendre en compte toutes les possibilités de préserver les postes de travail et d’examiner la situation de l’entreprise, de voir si elle peut continuer à supporter la crise. Et là, je suis formel : il existe de très nombreux outils, en matière de financements notamment, dont trop de chefs d’entreprises ignorent l’existence. C’est d’autant plus grave que le manque de fonds propres est un mal chronique des PME françaises.
Déjà quatre manifestations nationales depuis le début de l’année et une autre le 13 juin : défiler est la solution aux maux actuels ?
Je ne sais pas. Mais mieux vaut ce type de démonstrations collectives que laisser les salariés livrés à eux-mêmes, au risque de voir se multiplier les actes de désespoir ou de révolte se traduisant par des exactions. Nous condamnons ces dérives car nous sommes légalistes. En même temps, on fait beaucoup moins de cas des manifestations d’agriculteurs ou de marins pêcheurs pourtant nettement plus violentes.
Le syndicalisme à la française souffre d’un manque de représentativité…
L’affaiblissement du syndicalisme dans notre pays est lié au fait que les salariés croient moins à l’expression collective car nous ne produisons pas suffisamment de résultats tangibles. C’est sans doute vrai et cela pose la question de l’état du dialogue social en France. Il faut pourtant qu’ils sachent que nous ne baisserons jamais les bras.
Où en est votre projet de rapprocher la CFE-CGC de l’Unsa ?
Il n’est pas abandonné. Avec l’Unsa ou d’autres, comme la CFTC, voire FO avec qui nous sommes en contact. Le sujet fait débat en interne et sera bien entendu à l’ordre du jour du prochain congrès confédéral, le 15 février 2010 à Reims. Pour le reste, nous sommes tous d’accord sur l’objectif à poursuivre : construire la troisième force syndicale dans le pays à côté de la CGT et de la CFDT. Une chose est claire : la CFE-CGC doit évoluer si elle veut continuer d’avoir sa place dans le nouveau paysage syndical façonné par la loi d’août 2008.