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L’idée a été avancée et pourrait donner lieu à de prochaines concertations avec
les gendarmes et les policiers. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie,
compte mettre en place une passerelle entre ces deux corps permettant à leurs
membres de choisir leur uniforme : policier ou gendarme. Y aura-t-il foule de
candidats pour changer de tenue ? À entendre les uns envier les autres, on
pourrait le croire. Dans la réalité, rien n’est moins sûr.
« Chacun est attaché à sa maison. Les gendarmes qui critiquent leurs conditions
de travail ne souhaitent pas pour autant intégrer la police nationale », certifie un
responsable de gendarmerie qui parie néanmoins sur la venue de policiers dans
leurs rangs. Le port du képi offre bien des avantages : « Les gendarmes vivent
en caserne contrairement aux policiers qui doivent trouver un logement. Un
exercice difficile en région parisienne et en période de crise. Par ailleurs,
l’ascension hiérarchique est plus facile chez les militaires. »
Pour Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat de police Alliance,
certains policiers pourraient effectivement être tentés d’adopter le statut
militaire.
« Cela pour intégrer une brigade située dans leur village natal où ils rêvent
de revenir et quitter la région parisienne », dit-il, plutôt favorable à une
autre solution :
« Au lieu de jeter des ponts entre ces deux institutions, Alliance défend une
seule force de sécurité intérieure civile en France. » Une piste qui ne semble
pas être aujourd’hui à l’ordre du jour. Pour l’heure, l’idée d’une carrière
qui pourrait se dérouler en passant d’un statut à un autre doit être précisée.
« On ne sait même pas encore si ces passerelles concerneront tous les
niveaux hiérarchiques » , dit-on Place Beauvau.