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Dans Libé :
"Bientôt l'Assemblée aura à légiférer sur un projet de loi portant sur la gendarmerie. Pour le moment, seul le Sénat est saisi.
J'ai commencé à me documenter sur le sujet. A première vue, la perspective gouvernementale est simple : en 2002, décision avait été prise de placer l'emploi de la gendarmerie pour ses missions de sécurité intérieure sous la responsabilité du ministre de l'Intérieur. Et au 1er janvier prochain, il s'agit de terminer le processus si bien que la gendarmerie au plan organisationnel et opérationnel dépendra de ce ministère tout comme la police nationale au nom de la cohérence dans la définition et l'emploi de leurs moyens.
Il souhaite aussi «pérenniser le modèle de pluralisme policier à la française» et propose de maintenir «le statut militaire» des gendarmes.
Pourtant, mes premières auditions font apparaître une grande méfiance parmi mes interlocuteurs, qu'ils soient gendarmes dans des brigades territoriales ou généraux en retraite. Les uns craignent que très rapidement la gendarmerie ne soit plus qu'une police à statut militaire quand les autres se demandent comment on peut rester militaire sans appartenir au ministère de la Défense.
Ces inquiétudes cachent aussi peut-être des doutes sur la sincérité de la parole de l'Etat et que l'issue du processus soit la fongibilité de la gendarmerie dans la police. Certes, dans son discours du 29 novembre 2007, à l'Arche de la Défense, le Président de la République s’est voulu rassurant en précisant qu’il n’y aurait pas de fusion, mais il a ajouté fort à propos : «En tout cas tant que je serai Président». Mais me disent mes interlocuteurs : que feront ses successeurs ? Ne seront-ils pas poussés, pour des raisons diverses et sous certaines pressions, à franchir le pas ?
Si des gendarmes me lisent, qu'ils ne se privent surtout pas de m'éclairer sur leur appréhension de cette mutation institutionnelle profonde. Après tout, le texte qui va venir va remplacer une loi du 16 février 1791… Cela mérite bien qu'on s'y attarde non ?"