(AFP) - La Ligue des droits de l'Homme (LDH) s'inquiète
de la "banalisation" du pistolet à impulsions électriques Taser après
l'autorisation donnée par décret aux polices municipales d'utiliser cette arme
controversée.
"Depuis quelques années, les forces de l'ordre s'équipent de pistolets à
impulsion électrique, allant même jusqu'à les utiliser contre des mineurs,
encore récemment à Marseille", a souligné mardi la LDH dans un communiqué
alors qu'"un décret vient d'autoriser les polices municipales à utiliser cette
arme à leur tour".
"Indépendamment de la forte polémique qui, en France ou à l'étranger,
accompagne le débat autour de la dangerosité de ce pistolet, la Ligue des
droits de l'Homme s'inquiète de la généralisation et de la banalisation d'une
arme que le Comité de l'ONU contre la torture a qualifiée de +traitement
inhumain et dégradant+ équivalant à une +forme de torture+", commente
l'organisation de défense des droits de l'Homme.
"On peut craindre en effet que cette arme ne soit trop facilement utilisée
comme un moyen de neutralisation, de rétorsion ou d'intimidation sur des
personnes ne présentant pas de danger immédiat", poursuit la LDH.
La LDH rappelle enfin que "le choix des moyens et des outils d'intervention
doit être guidé par le souci constant de ne pas dénaturer les missions de la
police afin que la protection des citoyens demeure dans le cadre de la
légalité républicaine".
Utilisé depuis 2004 en France par l'armée, la police et la gendarmerie, le
Taser X-26, vient d'être autorisé pour les polices municipales.
Qualifié d'arme "anti-bavure" et "non-létale" par ceux qui le
commercialisent, il envoie deux dards délivrant une décharge de deux
milliampères pour 50.000 volts, qui paralyse la personne visée pendant
quelques secondes.
La société Taser France, importateur du pistolet concerné, a subi un
premier revers en justice lundi lorsque le TGI de Paris l'a déboutée de son
action en "dénigrement" contre le Réseau d'alerte et d'intervention pour les
droits de l'Homme (RAID-H).