Aujourd'hui, la CMU bénéficie à quatre millions et demi de personnes, celles dont les revenus sont inférieurs au minimum vieillesse. Pour la très grande majorité d'entre elles, la CMU n'apporte qu'une complémentaire gra tuite, puisqu'ils au raient de toute façon, été couverts par la Sécurité sociale de base, soit comme chômeurs, soit comme ayants droit d'un assuré social. Ils bénéficient de la gratuité parce que la CMU mise en place par Martine Aubry prend en charge leur cotisation à une assurance complémentaire. La Commission européenne (recommandation du 20 juillet 2005) et l’arrêt du CE du 26/09/2005 interdisent la participation financière des employeurs publics aux mutuelles de leurs agents à compter de mars 2006 (ancien arrêté Chazelles de 1962) ; le cadre à rénover est vaste, et antédiluvien, mais aussi ouvert au libéralisme le plus débridé, surtout après l’adoption de la directive Bolkestein sur les services. La vigilance est donc de mise. L'idée d'un chèque santé qui avait vu le jour, et notamment grace à la CFE CGC refait donc surface, comme une possibilité intéressante : il s'agit d'attribuer de façon dégressive et forte pour les plus bas revenus un chèque santé payé par l"employeur.