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Dans le Public, d'aucuns voient dans le CET la possibilité de capitaliser des trimestres complémentaires en matière de retraite, d'autres la capacité de monnayer certains jours ou encore de pouvoir prendre un temps personnel -année sabbatique, formation longue, loisir ...
Dans le privé, l'actionnariat pourrait passer par le CET.
En réaction à l'avant-projet de loi pour le développement de la participation et de l'actionnariat salarié, Michel Lamy, secrétaire national de CFE-CGC, réagit :
"Le Premier ministre présente un avant-projet de loi qui laisse plus que perplexe. La volonté affichée est le développement de la participation dans toutes les entreprises, ainsi que celui de l'actionnariat salarié. En fait, ce texte, qui demeure amendable, ressemble à un brouillon empli de contradictions. Pour ne citer que quelques mesures : par le biais du « dividende du travail », il lie de plus en plus la rémunération aux résultats de l'entreprise, lesquels résultats sont obtenus en bridant l'emploi et les salaires. Est-ce un véritable progrès ? En revanche, la CFE-CGC approuve l'incitation à l'attribution gratuite d'actions, sauf que la limiter à un montant de 2 000 euros en restreint la portée.
Quelles contradictions dans cette loi ! D'un côté, sous l'influence de Thierry Breton, on voudrait transformer la participation en élément de salaire variable sans cotisations contribuant avant tout à la consommation, et l'on propose de raccourcir éventuellement la durée de blocage de 5 ans à 3 ans, mesure qui fait l'unanimité contre elle de la part des défenseurs de la participation et qui transforme cet instrument structurel en outil conjoncturel.
D'autre part, on voudrait que les Comptes épargne-temps (CET) se transforment en actions de l'entreprise, mesure qui satisfera sans doute partiellement certains de ceux qui accumulent beaucoup de temps dans ces frigos mais qui, si elle favorise le développement du CET, sera un facteur de chômage et de croissance ralentie.
Enfin, cerise sur le gâteau, un grand absent : les administrateurs salariés. Grosso modo, on nous dit allez-y, bloquez votre épargne en actions de l'entreprise, votre argent nous intéresse, mais en retour, n'espérez pas avoir le droit à la parole. Soyez des actionnaires dociles, manipulables et taisez-vous. Et cela est inadmissible. Il ne s'agit que d'un «avant-projet», tant mieux, car il y a beaucoup à faire pour l'améliorer et le rendre cohérent."