L'organisation des concours est un système redoutable de complexité: de par la diversité des épreuves et la répartition des postes à pourvoir, que fixe chaque statut, mais aussi de par l'absence d'organisation interministérielle efficace, notent les auteurs. Ainsi, la planification des concours a lieu souvent sans concertation.
Les auteurs en arrivent à se demander si l'Etat s'intéresse réellement à ses ressources humaines. Les programmes des concours sont par exemple calés sur les enseignements scolaires ou universitaires, qui ne sont pas établis en fonction des besoins des administrations. La "difficulté" des épreuves, "associée à un taux de sélectivité élevé, sert de stratégie de recrutement", notent-ils. Les inspecteurs brocardent "l'épreuve de composition ou de culture générale", quasi inexistante à l'étranger. "Que valide-t-on?" par là, s'interrogent-ils, jugeant qu'elles prennent l'allure de "Questions pour un champion" pour certains concours de catégorie C. La dissertation, pratiquée essentiellement en catégorie A, va aussi "au-delà des besoins concrets de l'administration", selon eux. Plus généralement, les programmes sont "lourds, variables d'un concours à l'autre et sans lien avec le niveau de formation requis". Rares sont les épreuves pratiques correspondant au métier exercé (par exemple pour un adjoint administratif 1ère classe : traitement de texte, prise de rendez-vous, réponse au téléphone).
Valoriser les ressources humaines